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mardi 9 août 2011
Marchés de dûpes
Coup de tonnerre sur les marchés boursiers et panique à bord pour les états de la planète, simplement parce que l'agence de notation financière Standard & Poor's a abaissé d'un cran vendredi 5 août la note souveraine des Etats-Unis, de "AAA" à "AA+" …
Ce sont donc des agences privées, que personne ne contrôle efficacement, qui dictent aujourd’hui leurs conditions à des états souverains.
Ces pseudos experts, qui oscillent entre la cécité la plus totale et l’erreur monumentale, font de leurs analyses au doigt mouillé et de leurs prévisions à la Nostradamus les nouveaux dogmes imposées à la population mondiale.
Simples agences d’informations financières à leur création, elles sont devenues peu à peu des multinationales de référence qui font par leur notation la politique des états qui tombent un à un sous la dépendance de ces oracles e pacotille.
Leur pouvoir a enflé jusqu’à un point critique qui pose à présent un problème réel aux démocraties.
Ces fameux « A » seraient les nouvelles tables de la loi qu’il conviendrait de ne pas transgresser.
On nous dit que par exemple en France, en cas de changement de président de la République la réaction de ces agences serait immédiate et la dégradation de la note inévitable…
Dans ces conditions il ne serait même plus nécessaire d’aller voter, il suffirait de demander aux « Marchés » quel est leur choix…
On nage en pleine absurdité et s'il fallait un exemple du caractère irrationnel de ces fameux « Marchés », il n'y aurait qu'à méditer sur la chute vertigineuse de l'action Société générale après qu'un journaliste incompétent du quotidien anglais le Daily Mail ait pris pour argent comptant un article de fiction du journal Le Monde.
On est passé du capitalisme au libéralisme et du libéralisme à l’ultra libéralisme, aujourd’hui nous sommes tombé dans la prédation pure des spéculateurs et la dictature des marchés.
On attendait beaucoup de l’élection de Barack Obama aux États Unis, mais il n’a montré que peu d’aptitude à prendre le leadership face aux idéologues crétins des Tea Parties. Sa recherche du compromis a conduit à un fiasco alors qu’il avait constitutionnellement la possibilité de passer outre aux gesticulations irresponsables des républicains.
L’Europe n’est pas mieux lotie, à la merci de ces agences qui font la pluie et le mauvais temps, elle prône des politiques de rigueur et de réduction des dépenses, bien sur toujours en direction des programmes sociaux, au lieu de créer elle-même sa propre agence de référence, sous le contrôle des états, qui serait à même de contrer le monopole des agences américaines.
Ce serait salutaire pour les démocraties.
mardi 19 juillet 2011
Au secours!!!!!!!!!
Les verts allemands ont déclenché un vent de panique sur nos libidos estivales : les plastiques utilisés pour la fabrication de nos Sex Toys seraient cancérigènes et particulièrement nocifs pour nos gracieux orifices…
De là jaillit, aussi pernicieuse que celle de l'oeuf et de la poule, une question existentielle qui va nous occuper l'esprit tout l'été : Comment encore creuser son trou sans pour autant creuser son trou ?
Allons nous nous tourner vers des produits plus naturels comme le concombre, la courgette ou, pour les plus gourmands, ou encore les plus présomptueux, l'aubergine ?
Mais ces sympathiques cucurbitacées ne sont elles pas bourrées de pesticides tout aussi toxiques ?
Alors faut-il les choisir bio?
Mais, arrosées d'engrais naturels par de solides cultivateurs écolos, ces légumes deviennent alors de vraies patinoires olympiques pour Escherichia coli en goguette qui auront tôt fait d' occuper notre fondement en aussi peu de temps qu'il n'en faut à une colonie israélienne pour annexer un territoire.
Le biberon de bébé ? on nous dit qu'il est bourré de phtalates virulents…
La bonne vieille bouteille de Coca Cola en verre, si ergonomique ? mais l'encre du logo est elle vraiment sure ?
Alors la demie bouteille de Bordeaux? Mais la colle de l'étiquette?
La main du masseur ? Mais s'est-il bien lavé les mimines au moins pendant 30 secondes en sortant des toilettes?
La matraque de CRS? encore faut-il croiser la route d'une manif bien chaude, ça ne cours pas les rues au mois d'Août et de plus le Tonfa est aussi en plastique…
Le pied de chaise ? attention au vernis
L'amant fougueux avec préservatif ? mais la capote peut être allergisante… Alors sans préservatif ? Autant jouer à la roulette Russe avec un canon de 6/35…
Merde alors ces verts !!
Juste bons à nous gâcher les vacances!
Franchement c'est pas Joly, Joly !
dimanche 17 juillet 2011
C'est l'été...
La libération des corps des années soixante dix a fait long feu.
On nous annonce aujourd'hui le retour de la "pudeur" chez les jeunes générations.
Le problème c'est que cette nouvelle pudeur ne ressemble en rien a une préservation de son intimité mais a plus à voir avec un sentiment de honte lié au retour en force du religieux dans nos sociétés occidentales et de mimétisme moutonnier face à la pression du groupe.
L'affreuse mode vestimentaire du sportwear a envahi l'espace avec ses sweat serpillières, sa grisaille généralisée et ses formes molles qui effacent les corps et façonnent une nouvelle idéologie comportementale.
La calamité commerciale du chiffon à prix fort semble s'être abattue sur les jeunes gars transformant, à coup de bermudas ou de "pantacourt ", le plus sexy des garçon en pingouin court sur pattes aussi excitant qu'un nain de jardin.
On est loin de ces shorts courts au jambage large qui laissaient entrevoir, dans la position assise, des fractions de slip blanc dans la pénombre de l'entrejambe ou mieux encore, lorsque le jeune homme ne portait pas de sous vêtements, offraient des visions propres a faire accélérer le pouls et grimper la tension artérielle.
C'est l'été! Jettez ces fripes immondes et dévoilez ces corps que l'on aimerait voir!!!!
Penser le sexe
Vingt-cinq ans pour penser le sexe
Faute de traductions, Gayle Rubin était encore peu connue en France jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, elle a le privilège de figurer parmi les cent intellectuels réputés les plus dangereux aux Etats-Unis. Sa pensée débarque – enfin – en France grâce au formidable travail de publication des éditions EPEL qui nous proposent un recueil de ses principaux écrits dans une langue aussi claire que jubilatoire (à ce propos, on saluera les soins apportés au texte par Rostom Mesli qui en a non seulement traduit certains chapitres mais qui a surtout joué le rôle de passeur contextuel en accompagnant l'oeuvre de Rubin d'un ensemble de notes précis et rigoureux qui clarifie nombre de concepts, de faits et de gestes).
Vingt-cinq années de pensées et de réflexions arrivent donc d'un coup en France avec Surveiller et jouir. Les amis de la bienséance et de la morale, des abstractions décharnées et des raisonnements éthérés n'ont qu'à bien se tenir car, pour Gayle Rubin, « Il est grand temps de parler de sexe ». Et Rubin ne mâche pas ses mots ni n'est avare de détails. Si penser a longtemps été " apprendre à mourir ", alors le livre de Rubin s'impose comme une apologie des puissances du corps et de la vie au risque de faire valoir une réflexion hérétique, subversive voire même perverse! Car c’est du corps dans tous ses états dont il est question dans les sept études réunies dans ce volume. A partir de terrains pour le moins marqués (les films pornographiques, les quartiers gay et les bars sado-masochistes de San Francisco...), l'auteure n’a de cesse d’interroger le corps dans sa dimension sexuelle : comment est-il pris en compte, accepté, valorisé ou répudié en fonction de son état, de sa représentation, de ses pratiques, de ses déplacements, de ses modalités de jouissance et dans quelle mesure pareille prise en compte est-elle foncièrement politique? Pour Rubin, il y a équivalence fondamentale entre le sexe et la politique.
Le sexe est politique et constitue le site même d'une recherche de libertés : c'est à la fois par le corps et pour le corps que des libertés nouvelles peuvent et doivent être acquises. Selon elle, "Il y a un besoin urgent de développer de nouvelles perspectives radicales sur la sexualité". Et quelques lignes plus loin de préciser : " Une théorie radicale du sexe doit identifier, décrire, expliquer et dénoncer l'injustice érotique et l'oppression sexuelle. Une telle théorie a besoin d'outils conceptuels sophistiqués qui puissent saisir et manipuler le sujet. Elle doit proposer des descriptions fouillées de la société telle qu'elle est et de son évolution historique. Elle nécessite un langage critique convaincant qui puisse rendre compte de la barbarie et de la persécution sexuelle ". Bref, Gayle Rubin reprend le flambeau foucaldien de la bio-politique et montre comment le corps dans sa dimension sexuelle est l’objet d’enjeux de pouvoirs qui privilégient ou brident certaines pratiques, certaines populations, certaines manières d’être par rapport à d’autres.
Du plaisir pris au prendre parti
Mais, questionneront les preux défenseurs du contemporain, en ce nouveau siècle de tolérances infinies, d'hédonisme outrancier, de "pornocratie" télévisuelle à peine masquée, y-a-t-il encore lieu de soutenir ce genre de théories, y-a-t-il, de nos jours, encore seulement des opprimés dans le champ de la sexualité? Dans la riche forteresse occidentale, chacun ne fait-il pas ce qui lui plaît? Répondre affirmativement à une telle question reviendrait à considérer les travaux de Rubin comme quelque peu datés. Son anthropologie politique du sexe et ses appels à lutter pour la liberté " de consentir à notre sexualité, sans ingérence ni sanction. " seraient arrivés trop tard chez nous pour bénéficier de l'impact qu'ils auraient éventuellement pu mériter. D'ailleurs, l'auteure ne souligne-t-elle pas elle-même que " la sociologie d'hier est devenue l'histoire d'aujourd'hui "? Le livre de Rubin ne présenterait alors qu'un intérêt historique quant à la généalogie de la théorie queer dont l'auteure demeurerait l'une des principales papesses.
Si, de fait, la traduction française de l’ouvrage de Rubin constitue bel et bien une base solide pour saisir comment la pensée européenne (celle de Foucault, de Lacan, de Lévi-Strauss) a été mise au service des questions de genre et de sexualité, il y a plus de vingt ans aux Etats-Unis, ce n’est pas son seul mérite! Loin de là!
Certes, avec les chantres de la mort du symbolique, on peut toujours prendre l’air blasé devant l’avènement du virtuel, du sexting, des nouvelles formes de parentalité, des métrosexuels, des a-sexuels, des living apart togheter ou de la peoplisation des politiques. Mais le livre de Rubin – et c’est là que réside son actualité – a le mérite de nous rappeler que – quel que soit le laxisme ou la tolérance que consent la bio-politique contemporaine – les normes ne cessent de s’appliquer sur nos corps et de régir nos vies. Autrement dit, même si le spectre des possibilités pour vivre notre sexualité s’est sans doute sensiblement assoupli et élargi, la base hétéro-normative n’en reste pas moins La référence première et ultime.
L’ouvrage nous aide également à prendre conscience qu’à l’heure des tabous et des interdits déplacés, ces normes qui orientent nos sexualités promeuvent une jouissance qui semble entièrement détachée de tout impact politique. Notre capitalisme avancé glorifie le plaisir pris pour en gommer toutes conséquences : plus je jouis, plus je suis, moins je pense. Or le livre de Rubin, en remettant l’accent sur le rôle éminemment politique de toutes formes de sexualité, nous invite, par-delà le plaisir pris, à prendre parti. A l’époque du plaisir abrutissant généralisé, la parution française de Surveiller et jouir s’impose comme un plaidoyer en faveur des intensités subversives, des corps indomptés, des révolutions sexuées.
Espace pubique et puissances réinventées
S’il est clair que les études de Rubin se penchent sur des quartiers et des populations à un moment précis (la plupart du temps au tournant du déclenchement de l’épidémie du Sida aux Etats-Unis), son ouvrage n’en inaugure pas moins une nouvelle façon de percevoir la géographie urbaine et humaine.
On y assiste à une sorte de transformation de l’espace publique en espace pubique (pour reprendre l’excellent mot du célèbre plasticien et performer Vito Acconci), c’est-à-dire : une volonté claire de saisir les enjeux de la sexualité, des pratiques sexuelles, comme moteur d’une économie redéfinissant les limites du psychique et du politique à même le cadre de la ville.
En deçà du sujet, en deçà de son unité consciente, au creux même de sa vie sexuelle, à même son corps peuvent s’inscrire des actes de rébellion, de dissidence : la sexualité vécue comme champ de bataille contre la normalité, le bon sens et les espaces quotidiens qui corsètent nos corps.
A bien y réfléchir donc, les thèses de Rubin réinterrogent de façon tranchante la permissivité propre au XXIème siècle occidental. Répétons-le : que tout soit permis ne signifie aucunement que des sexualités subversives, séditieuses, mutantes soient encouragées. Au contraire, la permissivité du spectacle quotidien contribue plutôt à l’endormissement des âmes. Or, si nos corps, quelles que soient les libertés nouvellement acquises, restent habités par le pouvoir et par les normes, la proposition de mener une révolution pour en exalter les puissances s’avère d’autant plus séduisante qu’urgente. Ainsi, les récits, les combats et les descriptions des lieux dédiés aux corps et aux plaisirs qu’évoque le livre de Rubin, nous obligent-ils à saisir dans toute leur acuité les puissances de la chair.
Loin de l’élégie passéiste, l’ouvrage éveillera peut-être, chez certains, une vague nostalgie pour une époque dorée du sexe. Mais " l'effet que produit la nostalgie dépend de la façon dont elle est utilisée, et des objectifs au service desquels elle est mise ".
Bref, avec Rubin la mission est claire et reste tout entière à accomplir : réveiller les puissances de nos corps, inventer et découvrir de nouvelles plages d’intensités sexuelles pour façonner un autre visage à la résistance et à la subversion : au travail !
© Fabrice Bourlez
Surveiller et jouir - Anthropologie politique du sexe
Gayle Rubin
Flora Bolter (Traducteur), Christophe Broqua (Traducteur), Rostom Mesli
Gayle Rubin
Flora Bolter (Traducteur), Christophe Broqua (Traducteur), Rostom Mesli
Editeur : Epel
Collection : Les classiques de l'érotologie
Collection : Les classiques de l'érotologie
AUX ARMES, etc
Le Buzz de la semaine ce sont les déclaration d'Éva Joly sur le défilé militaire du 14 Juillet : « Je pense que le temps est venu de supprimer les défilés militaires du 14-Juillet parce que ça correspond à une autre période. J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé [militaire] par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent. » et la réaction de François Fillon qui a suivi.
Il faut dire que ce défilé militaire n'est en rien une tradition issue de la révolution française car il ne fut institué qu'en 1880 à la suite des nombreuses défaites militaires que la France avait subi.
La Marseillaise étant devenue hymne national en 1879.
Devant le tollé du PS à la suite de ces déclarations, le premier ministre a assumé ses propos :
« Je suis en colère quand j'entends comparer le défilé des Forces françaises le 14 juillet à ce qui se passe en Corée du nord. Cela témoigne pour le moins d'une grande mauvaise foi ou alors d'une profonde méconnaissance des traditions et de l'histoire de notre pays. L'armée française ne défile pas sur les Champs-Elysées pour étaler la puissance militaire de notre pays. L'armée française défile sur les Champs-Elysées afin que la nation puisse rendre hommage à ceux qui risquent leur vie pour la défendre », a-t-il déclaré.
« Le métier des armes ce n'est pas un métier comme les autres. C'est le seul métier où quand on y entre, on sait qu'on va peut être devoir donner la mort ou peut être la recevoir. Les événements récents en Afghanistan nous montrent tout le respect que nous devons, toute la gratitude qui doit être la nôtre pour les forces armées françaises. »
Belle déclaration martiale et bel hommage qui appellent toutefois un léger bémol… Qui a envoyé ces soldats mourir en Afghanistan en reniant ses engagement pré-électoraux?
Qui a suivi la demande pressante de Georges Bush et s'est aligné sur la position belliqueuse américaine en mobilisant des troupes dans un bourbier sans issue et décide maintenant de les y retirer ?
La déclaration d'Éva Joly, qui n'avait rien à voir avec le drame afghan, a été aussi sévèrement critiquée par le PS qui semble lui aussi avoir oublié sa propre histoire.
Car il est quand même étonnant qu'en 2011 la République ne soit personnifié que par son armée un jour de fête nationale, alors que bien d'eau a passé sous les ponts depuis 1880.
L'armée comme la police et la gendarmerie sont des services publics indispensables, elles ont donc leur place dans un défilé mais il serait logique que cette fête soit celles de TOUS les services publics qui oeuvrent à la cohésion sociale, à l'éducation et à la sécurité : agents hospitaliers, enseignants, chercheurs, etc. toutes celles et ceux qui de par leur action au quotidien, méritent le respect et la gratitude de la nation.
Mais il est vrai que le service public est si malmené ces derniers temps que les citoyens ont tout autant de quoi être en colère qu'un premier ministre.
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